Côte d’ivoire : Gbagbo appelle la CPI à poursuivre « tous les vrais coupables »

Acquitté, Laurent Gbagbo demande à la CPI de rouvrir l’enquête sur la crise ivoirienne pour « faire éclater la vérité » ​
décembre 8, 2025

L’ancien président ivoirien, définitivement blanchi par la Cour pénale internationale, dénonce ce lundi une « injustice » et appelle l’institution de La Haye à se pencher sur les « autres acteurs » du conflit de 2010-2011. Il a mandaté son avocat pour « ressaisir » la Cour.

​1. Un appel à la justice lancé le jour de l’investiture d’Ouattara
​L’ancien chef d’État ivoirien, Laurent Gbagbo, a choisi un moment hautement symbolique – le jour de l’investiture d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat – pour relancer le débat sur la crise post-électorale qui a déchiré la Côte d’Ivoire en 2010-2011.
​Dans une déclaration publique, M. Gbagbo a vertement critiqué son propre procès devant la CPI, affirmant avoir été « arrêté alors qu’il était le président légal et légitime du pays » tandis que les véritables responsables n’auraient pas été inquiétés.
​ »J’ai été arrêté alors que je ne suis pas le mentor de la rébellion. J’étais le président légal et légitime, mais c’est moi qui ai été arrêté, » a-t-il fait observer.

​2. Le mandat donné à son avocat
​Pour M. Gbagbo, son acquittement définitif, prononcé en mars 2021, ne marque pas la fin de la quête de justice, mais le début d’une nouvelle phase.
​Il a ainsi demandé à son avocat, Maître Emmanuel Altit, de « ressaisir la CPI et de remettre sur la table le problème de la guerre en Côte d’Ivoire ». L’objectif est clair : « Il faut que la vérité éclate ».
​L’ancien président insiste sur la nécessité de « rendre justice aux victimes et aux survivants » des violences, qui ont fait officiellement plus de 3 000 morts. Il rappelle qu’un conflit a éclaté en raison d’une rébellion qui a compliqué l’organisation de l’élection présidentielle, engendrant une dispute sur les résultats.

​3. Les questions « en suspens » soulevées par Gbagbo
​Au cœur de sa démarche, Laurent Gbagbo souhaite obtenir des réponses précises sur plusieurs zones d’ombre du conflit, qu’il qualifie de questions « en suspens » :
​L’identité des personnes ayant conçu et financé la rébellion.

​L’organisation du « génocide Wê »
​Les raisons pour lesquelles l’ONU et l’Occident ont poussé à la tenue de l’élection présidentielle alors que le désarmement n’était pas achevé.
​Surtout, il fustige l’absence d’enquête ou de poursuites visant les autres parties prenantes du conflit.

​« Pourquoi aucun des autres acteurs [de la crise] n’a-t-il été arrêté, ni jugé par la CPI ? Dès l’instant où j’ai été acquitté, il fallait immédiatement se mettre à rechercher les vrais coupables. »

Sa démarche d’aujourd’hui met directement la Cour pénale internationale sous pression, l’ex-président l’appelant à démontrer son impartialité en poursuivant tous les responsables, quel que soit leur camp.
​L’équipe de Maître Altit n’a pas encore commenté la date exacte du dépôt de cette nouvelle requête auprès de la Cour Pénale Internationale.

Redigé par: Mylene Bisso

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